

Quatre montants touchés, un penalty manqué et vingt-trois tirs pour seulement deux buts. Le Bayern Munich a laissé filer une victoire qui lui tendait les bras face au Borussia Dortmund (2-2), samedi à l'Allianz Arena. Deux fois devant au score, les Bavarois ont fini par céder à la 89e minute devant Fábio Silva. Un Klassiker spectaculaire, entre la domination offensive du Bayern et la résistance d'un Dortmund capable de punir la moindre erreur. Les deux rivaux restent à égalité avec 18 points en tête de Bundesliga, le Bayern conservant la première place à la différence de buts.
Le Bayern a trouvé les espaces, pas la finition
Niko Kovač avait choisi un 4-4-2 asymétrique, avec deux lignes resserrées et un Dortmund soucieux de fermer les espaces intérieurs. Le plan a longtemps fonctionné. Le Bayern a monopolisé le ballon sans immédiatement désorganiser le bloc adverse, même si Michael Olise a trouvé le montant dès la 10e minute.
Progressivement, les Bavarois ont installé leur domination. Leurs déplacements et leurs combinaisons autour de la surface ont repoussé Dortmund vers son but. Les chiffres illustrent l'ampleur de cette pression : 23 tirs, dont 17 dans la surface, et 3,95 xG contre seulement 0,65 pour le BVB. Mais cinq tentatives seulement ont trouvé le cadre.
Le contraste est particulièrement frappant pour Harry Kane et Michael Olise : onze frappes cumulées, aucune cadrée. Pourtant, les deux joueurs ont participé à la création. Olise a délivré quatre passes clés, tandis que Kane a servi Upamecano pour le deuxième but. Le Bayern n'a donc pas manqué de solutions offensives, mais du dernier geste pour récompenser son travail collectif.
Dortmund a souffert, mais sa défense n'a pas complètement rompu. Nico Schlotterbeck a remporté ses six duels et Joane Gadou réussi cinq tacles. Sept tentatives bavaroises ont été contrées. Une résistance précieuse, même si les occasions concédées montrent les limites de ce dispositif face à la pression munichoise.
« Le Bayern a trouvé les espaces et multiplié les occasions, mais Dortmund a su survivre à ses temps faibles et frapper lorsque les Bavarois lui en ont laissé la possibilité. »
Deux erreurs, deux réponses immédiates
Le premier tournant intervient à la 34e minute lorsque Jobe Bellingham croit ouvrir le score, avant que la VAR n'annule son but pour une faute sur Jonas Urbig. Quatre minutes plus tard, une relance manquée de Dortmund offre une opportunité à Konrad Laimer. L'Autrichien marque en deux temps après un premier arrêt de Gregor Kobel.
Le Bayern, déjà privé d'Ismael Saibari et de Serge Gnabry, sort des vestiaires avec davantage d'emprise. À la 56e minute, une main de Felix Nmecha lui offre un penalty. Kane frappe sur la transversale. Quatre minutes plus tard, Schlotterbeck dépossède Olise, Chukwuemeka trouve Guirassy et Dortmund égalise. Une récupération haute suffit à renverser momentanément la dynamique.
La réaction bavaroise est immédiate. Sur un centre de Kimmich, Kane remet de la tête pour Upamecano, qui redonne l'avantage aux siens à la 66e minute. Le Bayern reprend le contrôle et Kane trouve encore le poteau. Dortmund semble alors au bord de la rupture.
Fábio Silva, le banc qui change tout
Mais Kovač trouve une réponse dans ses remplacements. Konstantinos Karetsas, entré à la 67e minute, et Fábio Silva, lancé à la 76e, se retrouvent au cœur de l'égalisation. Après un corner mal dégagé, Karetsas contre la relance de Pavlović et Silva ajuste Urbig d'une frappe croisée à la 89e minute.
Le Bayern a encore une dernière occasion de l'emporter, mais Lennart Karl trouve à son tour la transversale dans le temps additionnel. Quatrième montant d'une soirée frustrante pour Munich.
Dortmund repart avec un point arraché sans avoir maîtrisé la rencontre. Le Bayern, lui, a produit suffisamment pour gagner, mais a payé ses occasions manquées et deux séquences défensives mal négociées. Un nul qui laisse les deux équipes invaincues et maintient le suspense au sommet de la Bundesliga.









Le débat
Le Bayern doit-il changer quelque chose à sa finition quand ses attaquants vedettes ne cadrent pas ?
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