

Il aura fallu quatorze ans à Arsenal pour retrouver le chemin de la victoire à Anfield. Mais ce succès (0-1) raconte davantage qu'une vieille malédiction brisée. Les Gunners ont frappé tôt, traversé les turbulences et fini par imposer leur maîtrise défensive à un Liverpool incapable de cadrer la moindre frappe. Une victoire de champion, qui installe Arsenal seul en tête de la Premier League.
Une erreur punie, Liverpool se rebiffe
Tout part d'une relance manquée d'Alisson. Arsenal récupère haut, accélère et trouve Declan Rice dans la profondeur sur le côté droit. Son centre tendu traverse la surface jusqu'à Kai Havertz, qui conclut au second poteau (16e).
Le but récompense la réactivité des Gunners, mais ne leur offre pas immédiatement la tranquillité. Liverpool hausse le ton, pousse Arsenal vers sa surface et installe une pression parfois étouffante.
Florian Wirtz trouve la barre sur coup franc, Alexis Mac Allister manque une tête pourtant idéale. Et les Reds peuvent nourrir des regrets sur une intervention de Jurriën Timber, qui retient le maillot d'Alexander Isak dans la surface sans être sanctionné.
À la pause, Arsenal mène, mais Liverpool a sérieusement contesté son avantage.
Arteta gagne la bataille des espaces
La seconde période révèle une autre facette des champions en titre. Arsenal accepte de défendre plus bas, resserre les distances entre ses lignes et laisse Liverpool multiplier les initiatives sans lui ouvrir beaucoup d'espaces.
Ezri Konsa, auteur de huit duels remportés sur neuf selon les données du match, incarne cette résistance. Les défenseurs londoniens interviennent au bon moment, protègent les zones de finition et contrarient les tentatives adverses.
Liverpool termine avec 17 tirs, dont neuf contrés, sans le moindre cadré. Mais cette statistique ne doit pas masquer la différence entre les deux périodes : inquiétants avant la pause, les Reds deviennent progressivement plus prévisibles.
Arsenal, lui, conserve de quoi punir. Christos Tzolis oblige Alisson à réaliser une parade décisive, tandis que Jérémy Jacquet empêche Martin Ødegaard de conclure une autre offensive dangereuse. Les Gunners n'ont donc pas simplement subi : ils ont choisi leurs moments pour ressortir.
« Arsenal n'a pas confisqué le ballon à Liverpool. Il lui a surtout retiré, progressivement, les moyens de transformer sa domination en buts. »
Un succès qui pèse dans la course au titre
Mikel Arteta a insisté sur la nécessité de traverser les périodes de souffrance imposées par Liverpool. Son équipe y est parvenue sans renoncer à ses ambitions offensives.
Andoni Iraola, lui, regrette notamment le penalty non accordé à Isak. Mais au-delà de cette décision, Liverpool devra s'interroger sur son incapacité à concrétiser ses temps forts.
Avec 24 points en neuf journées, Arsenal prend trois longueurs d'avance sur Manchester City et neuf sur Liverpool. Après quatorze années sans victoire à Anfield, les Londoniens y ont surtout livré une démonstration de maturité : savoir souffrir, résister et gagner sans nécessairement dominer le ballon.









Le débat
Arsenal doit-il défendre aussi bas quand il mène dès la 16e minute ?
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