Milan gagne 3-2 face à l'Atalanta malgré un 3-0 à la pause

ANALYSE

Milan gagne 3-2 face à l'Atalanta malgré un 3-0 à la pause

Fondateur & Rédacteur en chef · 19 octobre 2026

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Un récital collectif de soixante minutes suivi d'un effondrement structurel quasi fatal. À San Siro, l'AC Milan s'impose 3-2 face à l'Atalanta au terme de la 7e journée de Serie A. Une rencontre à deux visages, où la maîtrise milanaise dans l'orientation du jeu a écrasé la première heure, avant que la défaillance du contre-pressing et les ajustements tactiques de Maurizio Sarri ne fassent vaciller l'édifice de Ruben Amorim.

La relance à trois d'Amorim étouffe la passivité bergamasque

Pendant une heure, l'AC Milan a développé son football le plus abouti de la saison. Articulé dans un 3-4-2-1 très fluide, le schéma de Ruben Amorim a profité d'un pressing adverse sans mordant. Maurizio Sarri l'a lui-même concédé au coup de sifflet final : la passivité du premier rideau de la Dea a laissé les trois centraux milanais organiser la relance sans aucune contrainte physique.

Sollicités en continu, Mario Gila (72 passes), Koni De Winter (67 passes) et Strahinja Pavlović (63 passes) ont fait circuler le ballon avec une propreté chirurgicale. Dans l'axe, Luka Modrić (64 passes réussies sur 67) et Adrien Rabiot ont régné sur le tempo, sautant la première ligne adverse par des transmissions verticales tranchantes. Dès la 13e minute, un but refusé à Christian Pulisic pour un hors-jeu millimétrique avait déjà exposé l'incapacité de l'Atalanta à fermer la profondeur.

La blessure de Kolašinac et le naufrage de l'axe bergamasque

Le tournant structurel de la première période survient à la 19e minute : Sead Kolašinac s'assomme sur blessure et cède sa place au jeune Relja Obrić, jeté à froid dans le grand bain. Sans repères dans la gestion des duels et l'alignement, le secteur défensif de la Dea se déforme immédiatement.

Trois minutes plus tard, sur une frappe milanaise, Obrić décolle le bras au cœur de sa surface : averti par la VAR, l'arbitre accorde un penalty transformé sans trembler par Gonçalo Ramos (24e, 1-0). Désorganisée et contrainte de reculer en bloc bas, l'Atalanta abandonne totalement le contrôle du milieu de terrain (56 % de possession pour Milan, 91 % de passes réussies).

Le récital d'Adrien Rabiot et la punition sur phase arrêtée

Homme du match incontestable (note Sofascore de 9,4), Adrien Rabiot a livré une prestation totale dans le cœur du jeu. À la 43e minute, sur un décalage millimétré de Diego Moreira dans le demi-espace gauche, le Français contrôle, pivote sous la pression et enchaîne une frappe chirurgicale du droit qui vient se loger au ras du poteau de Marco Carnesecchi (2-0).

Au retour des vestiaires, l'impuissance bergamasque se confirme. Après un penalty manqué par Ramos — repoussé par Carnesecchi sur une nouvelle main de Kristensen — le Milan assène le coup de grâce à la 57e minute sur corner. Sur une combinaison travaillée au premier poteau initiée par Modrić, le ballon est dévié vers Mario Gila, qui catapulte une tête rageuse sous la barre (3-0).

Coaching de Sarri et court-circuit du pressing milanais

Mené de trois buts, Maurizio Sarri abat ses cartes à la 59e minute en injectant Gianluca Gaetano et Nicola Zalewski à la place de Pašalić et Rowe. L'impact géométrique est immédiat : l'Atalanta rehausse son bloc de 20 mètres, durcit le contre-pressing et isole la sentinelle milanaise. À la 66e minute, Zalewski s'infiltre sur le couloir et sert Gaetano, dont le déplacement entre les lignes prend à défaut la charnière rossonera (3-1).

Pris de nervosité, l'AC Milan cesse totalement de presser haut. Les changements opérés par Ruben Amorim à la 75e minute (entrées de Jashari, Estupiñán et Loftus-Cheek) déstabilisent encore davantage l'équilibre défensif de l'équipe. Sur le flanc droit, Raoul Bellanova dépose Estupiñán et adresse un centre laser pour Nikola Krstović, qui réduit l'écart d'une reprise imparable à la 81e minute (3-2). Dans un final asphyxiant, Mike Maignan doit s'employer par une parade réflexe devant Davide Zappacosta pour éviter le KO.

Adrien Rabiot, le régulateur complet

Au-delà de son impact statistique direct, l'international français a régné sur toutes les dimensions du jeu central :

  • 1 but et 1 passe décisive
  • 6 tacles et 8 duels gagnés sur 10
  • 4 passes clés et 90 minutes de régulation
« Je suis un peu en colère, on ne peut pas s'effondrer comme ça après avoir mené 3-0. On doit garder cette maîtrise pendant 90 minutes. » — Adrien Rabiot, au micro d'après-match.

Les chiffres clés de la bataille

  • Possession : Milan 56 % — Atalanta 44 %
  • Tirs (cadrés) : Milan 11 (6) — Atalanta 12 (4)
  • Expected Goals (xG) : Milan 2,38 — Atalanta 1,57
  • Fautes commises : Milan 3 — Atalanta 10

L'écart au niveau des expected goals (2,38 contre 1,57) reflète la nette supériorité des soixante premières minutes milanaises, même si le manque de fraîcheur physique et l'abandon du contre-pressing ont failli tout gâcher.

Opération comptable

Grâce à ce succès arraché dans la douleur, l'AC Milan réintègre le top 4 de la Serie A avec 15 points (4 victoires, 3 nuls, 0 défaite), restant à quatre longueurs du duo de tête Inter-Lazio. L'Atalanta stagne à la 10e place avec 9 unités. Les hommes de Ruben Amorim devront rapidement corriger leurs trous noirs d'intensité avant leur déplacement européen sur la pelouse de Bournemouth.

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Le pressing du Milan s’est-il éteint trop tôt après le 3-0 ?

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