Quarante-sept pour cent de possession, vingt-deux tirs dont quinze cadrés, quatre buts : au Parc des Princes, le PSG s’impose 4-2 face au FC Barcelone en jouant un match de transitions, à l’opposé de ce que le ballon laisse croire. Les Catalans ont fait circuler (534 passes contre 470), Paris a frappé vite. Et ce sont ses deux milieux, Vitinha et Fabián Ruiz, qui tranchent le duel en cinq minutes, après deux égalisations de Barcelone.
Un pressing haut qui cueille Yamal à la sortie
Luis Enrique aligne un 4-3-3 avec Ousmane Dembélé dans l’axe, Désiré Doué à droite et Khvicha Kvaratskhelia à gauche. Hansi Flick répond en 4-2-3-1, avec le double pivot Pedri – Marc Bernal et Raphinha en pointe. Paris démarre à haute intensité : Kvaratskhelia trouve le poteau dès les premières minutes, et la relance catalane, lente et bâtie sur des circuits courts, se fait harceler.
Le but de la 38e minute en est la conséquence directe. Lamine Yamal perd le ballon dans sa moitié de terrain, Doué perce dans l’axe et frappe de l’extérieur de la surface sur une passe de João Neves. Le milieu portugais finit avec 6 passes clés, 4 tacles et 2 interceptions : c’est lui qui alimente la transition. Luis Enrique expliquera ensuite qu’il fallait savoir alterner pressing haut et défense près de sa surface selon les moments. Paris vit de ballons récupérés face au but plutôt que de possession : 13 de ses 22 tirs partent de la surface.
Des blessures qui désorganisent les deux camps
Le match se hache très tôt. Dembélé sort dès la 20e minute sur un problème musculaire, remplacé par Ferran Torres, qui se procure plusieurs occasions, dont une à bout portant vers la 25e, avant de toucher le poteau peu avant le 2-1. Il finit avec 3 tirs dont 2 cadrés, sans marquer : Joan García repousse l’essentiel de la vague avec 10 arrêts.
Côté catalan, Dani Olmo sort blessé à la 27e minute. Son remplaçant, Fermín López, change la nature de l’animation : il redescend s’occuper de la construction, attire des défenseurs, puis lance Xavi Espart dans le dos de la défense. Après un une-deux, Espart égalise au premier poteau (55e), son premier but en Ligue des champions. Fermín termine avec 1 passe décisive et 3 tirs en 63 minutes.
Un corner sur deux suffit à Paris
Paris n’obtient que 2 corners dans la soirée, un seul suffit. À la 72e, Doué sert un ballon sortant et Lucas Hernández, titularisé à gauche en l’absence de Nuno Mendes, devance Anthony Gordon de la tête (2-1). Gordon, qui ne gagne qu’un duel sur neuf dans la soirée, perd aussi celui-là.
Les remplacements brouillent les rôles, Yamal en profite
À la 59e minute, Paris est contraint à un double changement : Zabarnyi remplace Marquinhos et Akliouche remplace Kvaratskhelia, les deux sortis blessés. Une minute plus tard, Flick procède à un triple changement et redessine tout son milieu et son attaque : Gavi pour Pedri, Rodri pour Bernal, Karim Adeyemi pour Raphinha. Rodri apporte du contrôle (26 passes en 30 minutes, 2 interceptions) mais aucun tir. Flick dira ensuite que son équipe n’était plus fraîche dans le dernier quart d’heure.
À la 78e, Luis Enrique sort Hernández et Doué pour Warren Zaïre-Emery et Senny Mayulu. Hernández, avec Pacho, avait contenu Yamal jusque-là : l’ailier se retrouve face à Zaïre-Emery, entré une minute plus tôt. Il le bat sur son côté droit et déclenche depuis un angle fermé une frappe qui passe au-dessus de Safonov, dans le haut du filet (79e, 2-2). Yamal finit avec 9 duels gagnés sur 13 mais un seul tir cadré sur 4 : ce but.
Deux milieux libres dans la zone de vérité
La réponse parisienne vient de la même source. À la 81e, Vitinha reprend un ballon mal dégagé à l’entrée de la surface et frappe bas (3-2). À la 86e, Achraf Hakimi accélère sur la droite et centre vers le second poteau, où Fabián Ruiz arrive seul pour conclure (4-2). Les deux buts naissent de milieux qui arrivent de loin, sans être suivis.
Hakimi est le fil rouge : 69 passes, le plus gros total de son équipe, 3 passes clés, 2 tirs cadrés, dont un face-à-face manqué en début de seconde période. En possession, il se glisse dans l’axe à côté de Vitinha et de Neves et laisse la largeur aux ailiers, puis il sert Ruiz (5 tirs dont 3 cadrés).
Désiré Doué, l’ailier qui fait tout
Placé à droite, Doué a joué à la fois la finition et la création, avant de sortir à la 78e minute avec la meilleure note du match (9,0) :
- 🎯 1 but et 1 passe décisive
- ⚡ 4 tirs dont 2 cadrés, 4 passes clés
- 🛡️ 6 duels gagnés sur 11 et 2 tacles
📊 Les chiffres du match
- Possession : PSG 47 % — Barcelone 53 %
- Tirs (cadrés) : PSG 22 (15) — Barcelone 18 (5)
- xG : PSG 3,82 — Barcelone 2,19
- Arrêts : Joan García 10 — Matvey Safonov 3
Barcelone a tiré 18 fois, dont 12 dans la surface, mais seulement 5 fois cadré : Paris a cadré trois fois plus de tirs que Barcelone.
Les voix
Luis Enrique retient d’abord la solidité collective de son équipe, et rappelle que Paris n’a encaissé que deux buts face à un adversaire invaincu cette saison.
« C’est très difficile de défendre de la manière dont on a défendu, mais je suis convaincu que ça a été la clé. » — Luis Enrique
Il insiste sur le repli des attaquants et du milieu quand le ballon est derrière eux, et sur le choix de Lucas Hernández, face à ce qu’il appelle l’un des meilleurs joueurs du monde.
« On savait avant le match qu’il allait faire un très bon travail parce qu’il est agressif. » — Luis Enrique
Côté catalan, Hansi Flick reconnaît la supériorité parisienne et situe le décrochage dans le dernier quart d’heure.
« Le PSG a montré qu’il était une meilleure équipe que nous. Ils ont énormément de qualités en transition, nous les avons bien défendus mais nous avons manqué de fraîcheur dans les 10-15 dernières minutes. Ce n’est pas une excuse. » — Hansi Flick
« Nous avons été compétitifs. C’était un bon test, et ça prouve qu’on peut rivaliser. » — Raphinha
🏆 Au classement
Avec trois victoires en trois matches, le PSG prend la tête de la phase de ligue avec 9 points et une différence de buts de +9. Barcelone, battu pour la première fois cette saison, occupe la 5e place avec 6 points (2 victoires, 1 défaite). Le calendrier ne laisse aucun répit : Paris reçoit l’OL le 25 octobre puis se rend au Havre le 30, tandis que Barcelone accueille le Real Madrid le 25 octobre en Liga.








Le débat · 1
Le triple changement de Flick à l’heure de jeu a-t-il fait perdre le contrôle à Barcelone ?
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