PSV étouffe le Porto de Farioli par son pressing

ANALYSE

PSV étouffe le Porto de Farioli par son pressing

FootReporter · 21 octobre 2026

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Soixante pour cent de possession, dix-huit tirs, 616 passes contre 421 : au Dragão, le PSV Eindhoven s’est imposé 1-0 face au FC Porto sans jamais subir la loi de l’adversaire avant la dernière demi-heure. Troisième défaite en trois matches pour les hommes de Francesco Farioli, qui restent à zéro point, première victoire de la phase de ligue pour ceux de Peter Bosz. Le match s’est joué dans l’organisation du pressing et dans l’axe du terrain, bien plus que sur le but de Guus Til.

Un pressing PSV qui impose sa géométrie au 4-3-3 de Porto

Farioli a aligné un 4-3-3 dans lequel Pablo Rosario descendait entre les centraux sans le ballon, pour former une ligne de cinq et protéger l’axe. Bosz a répondu par un 4-2-3-1 sans avant-centre de métier : Sven Mijnans et Guus Til, deux milieux offensifs, occupaient la zone de la pointe et fixaient la charnière Jakub Kiwior - Jan Bednarek. Derrière eux, Esmir Bajraktarević et Ivan Perišić venaient étirer les couloirs.

Le PSV a surtout pressé haut et de façon individuelle, ce qui a cassé la sortie de balle portugaise. Porto n’arrivait pas à identifier qui presser en retour et ses relances, souvent longues depuis Diogo Costa (49 passes, 38 réussies), ne trouvaient personne. Côté néerlandais, la construction partait de Lutsharel Geertruida : 86 passes réussies sur 93, le plus gros volume de l’équipe, dont celle pour Perišić qui a lancé la première occasion. Résultat : 12 tirs néerlandais dans la surface contre 7 pour Porto, et un Porto réduit à 5 frappes de loin sur ses 12 tentatives.

Le seul échappatoire portugais était la vitesse d’Oskar Pietuszewski, auteur de deux occasions dès les dix premières minutes, puis de 8 duels dont 3 gagnés. Mais sans relais au milieu, le jeune ailier restait isolé : Victor Froholdt n’a réussi que 17 passes en 76 minutes et Gabri Veiga 17 en 58, malgré 6 duels remportés sur 10.

L’axe Sano - Mauro Júnior desserre l’étau

Le début de match du PSV n’a pas été parfait, et Bosz l’a reconnu : Yarek Gasiorowski se retrouvait isolé en défense et les ballons arrivaient trop facilement sur l’avant-centre de Porto. Le correctif a été simple. Quand Mauro Júnior et Kodai Sano ont resserré leurs distances sur les relayeurs adverses, le PSV a repris le contrôle de la zone de vérité.

Les chiffres confirment le rôle de ce double pivot. Sano a gagné 6 duels sur 11 et réalisé 3 tacles, Mauro Júnior a touché 67 ballons et s’est présenté plusieurs fois à la frappe (2 tirs). Quand Porto parvenait à sortir en contre, le PSV cassait la transition par la faute : Mauro Júnior a stoppé Pepê à deux reprises, ce qui lui a valu un avertissement à la 75e minute. Au total, deux cartons jaunes pour le PSV (dont Geertruida à la 39e) et aucun pour Porto, malgré 9 fautes contre 7.

Une première période sans conclusion

Cette domination n’a pourtant pas produit de but avant la pause. Perišić a vu sa tête passer à côté, Til a manqué le cadre à deux reprises et Filip Kostić a trouvé le poteau à la 42e minute, lancé seul sur une perte de balle portugaise. Seulement 3 tirs cadrés pour le PSV sur l’ensemble du match, malgré 18 tentatives, dont 11 hors cadre et 4 contrées : c’est la facture d’un jeu de combinaison qui crée beaucoup, mais frappe souvent de loin ou sous pression.

Le but vient d’une perte de balle, pas d’un hasard

À la 57e minute, la séquence illustre l’efficacité du pressing. Après un poteau de Bajraktarević sur un centre de Perišić, Zaidu Sanusi perd le ballon dans son couloir. Bajraktarević le récupère haut, file dans la surface, Mijnans frappe mal et le ballon retombe sur Til, qui conclut au second poteau. Le but naît donc d’une récupération dans le camp adverse, avec trois joueurs néerlandais déjà dans la surface, exactement ce que Bosz recherche : Gullit y a vu le fruit d’un plan de pressing qui a empêché Porto d’entrer dans la partie.

Le coaching de Farioli arrive trop tard, celui de Bosz protège

À la minute suivante, Farioli lance un triple changement : André Silva pour Samu, Borja Sainz pour Pietuszewski, Hwang In-beom pour Gabri Veiga. L’idée est d’apporter de la fraîcheur en pointe et de relancer plus vite depuis le milieu. Cela donne de la verticalité, car Hwang récupère en zone médiane et lance André Silva seul face à Matěj Kovář à la 72e minute, mais l’attaquant échoue dans son duel. Ensuite Souza remplace Zaidu (69e) et Seko Fofana entre pour Froholdt (76e), sans changer le visage du match.

Bosz organise sa fin de match en trois temps. Armando Obispo entre en défense à la place de Gasiorowski (74e), puis deux milieux (Noah Fernandez et Dennis Man) remplacent Mauro Júnior et Bajraktarević à la 81e, enfin Ryan Flamingo et Amir Bouhamdi succèdent à Kostić et Perišić à la 88e. Le PSV recule, protège sa surface et compte sur ses derniers remparts. Geertruida dégage une reprise sur la ligne, Sergiño Dest sauve une seconde fois, et Kovář réalise trois arrêts. Le PSV a terminé le match en défense basse, mais sans jamais céder.

Guus Til, le finisseur discret

Placé en soutien de Mijnans, Til a surtout joué sur le timing de ses appels. Il a touché peu de ballons mais toujours au bon endroit :

  • 🎯 1 but, 4 tirs dont 1 cadré
  • ⚡ 2 passes clés et 2 duels gagnés sur 2
  • 🛡️ 25 passes réussies sur 27

📊 Les chiffres du match

  • ⚽ Possession : PSV 60 % - Porto 40 %
  • 🎯 Tirs (cadrés) : PSV 18 (3) - Porto 12 (3)
  • 📈 xG : PSV 1,69 - Porto 1,40
  • 🧱 Passes réussies : PSV 529 sur 616 - Porto 339 sur 421

Porto n’a pas été écrasé au final (1,40 xG), mais il a subi la plupart du temps et n’a trouvé la faille qu’en fin de rencontre, trop tard et trop peu.

Les voix

« Nous avons osé jouer et nous avons récupéré les ballons très vite. » — Peter Bosz
« Depuis que je suis à Porto, c’était le match où nous avons le plus souffert. » — Francesco Farioli

Farioli a ajouté que son équipe avait créé assez d’occasions pour mériter mieux, mais qu’il avait le sentiment que même avec 25 minutes de plus, elle n’aurait pas marqué. Ruud Gullit estime que le PSV a mérité sa victoire mais s’est trop peu récompensé, ce qui a laissé Porto revenir dans le match.

🏆 Au classement

Le PSV est 16e avec 4 points (1 victoire, 1 nul, 1 défaite, différence de buts nulle), dans la zone des barrages. Porto reste 33e avec 0 point et une différence de -4. Le PSG et Liverpool mènent avec 9 points. Le PSV reçoit Bruges le 4 novembre, le même jour que la réception de Napoli par Porto.

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Le débat

Farioli aurait-il dû changer son plan face au pressing du PSV ?

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