L'Argentine est de retour dans le dernier carré de la Coupe du monde. En venant à bout de la Suisse (3-1 après prolongation), l'Albiceleste poursuit son rêve d'un doublé historique et retrouvera l'Angleterre en demi-finale. Pendant ce temps, la France défiera l'Espagne avec, en toile de fond, un scénario que beaucoup commencent déjà à imaginer : un troisième France-Argentine en huit ans, après les affiches mémorables de 2018 et de 2022.
Mais si les champions du monde sont encore là, leur parcours continue d'alimenter les discussions.
Car cette Argentine ne domine pas ses adversaires comme certaines grandes équipes du passé. Elle souffre, doute parfois, mais finit presque toujours par trouver la solution. Face au Cap-Vert en huitième de finale, comme contre la Suisse en quart, les hommes de Lionel Scaloni ont été poussés dans leurs retranchements avant de faire parler leur expérience, leur banc et ce réalisme qui caractérise les grandes nations.
Une qualification qui laisse un goût amer aux Suisses
Pendant plus d'une heure, la Suisse a livré l'une des meilleures prestations de son histoire en Coupe du monde. Bien organisée, agressive dans le bon sens du terme et capable de répondre au défi technique argentin, la Nati avait même pris l'ascendant psychologique après son égalisation.
Puis est arrivé le tournant du match. À la 72e minute, Breel Embolo est expulsé après une intervention du VAR. L'arbitre applique pour la première fois en Coupe du monde la nouvelle interprétation de la règle dite de la « mistaken identity », estimant que l'attaquant suisse avait simulé le contact. Déjà averti, Embolo reçoit un second carton jaune synonyme d'expulsion.
Une décision conforme au règlement introduit avant le tournoi, mais qui a immédiatement déclenché une vague de réactions. Le sélectionneur Murat Yakin n'a pas caché sa frustration, estimant que cette décision avait changé le destin du quart de finale. Une partie de la presse internationale partage ce sentiment, considérant la sanction extrêmement sévère dans un match de cette importance — même si elle respecte la lettre du règlement.
L'Argentine, encore favorisée par les décisions arbitrales ?
Il serait exagéré d'affirmer que l'Argentine bénéficie systématiquement des arbitres. Aucun élément ne permet de soutenir une telle affirmation. En revanche, un constat revient régulièrement depuis plusieurs grandes compétitions : lorsque surviennent des décisions litigieuses impliquant l'Albiceleste, elles semblent souvent tourner en sa faveur. Après certains débats en 2022, ce nouveau quart de finale relance naturellement les discussions sur les réseaux sociaux et chez plusieurs consultants.
Le débat oppose deux visions bien tranchées.
- Pour les uns, le règlement est clair et l'arbitre n'a fait que l'appliquer.
- Pour les autres, le football ne peut pas se résumer à une lecture froide du texte, surtout lorsqu'une décision aussi lourde de conséquences modifie l'équilibre d'un quart de finale.
Le débat est loin d'être clos.
Une équipe qui sait souffrir… et qui gagne
Au-delà de la polémique, une évidence demeure : cette Argentine possède quelque chose que peu d'équipes maîtrisent. Elle ne panique jamais. Même lorsqu'elle est bousculée, même lorsqu'elle ne contrôle plus totalement le ballon, elle continue de croire que le match finira par tourner.
Contre la Suisse, Julián Álvarez et Lautaro Martínez ont une nouvelle fois illustré cette profondeur de banc qui fait souvent la différence dans les grandes compétitions. Cette sélection n'impressionne peut-être pas autant que celle sacrée au Qatar, mais elle conserve ce mélange d'expérience, de sang-froid et de réalisme qui permet d'aller chercher les grands rendez-vous.
Et tant que Lionel Messi est là, personne ne peut vraiment enterrer les champions du monde.
Un troisième France-Argentine en préparation ?
Avant de rêver d'une nouvelle finale entre les deux géants, il faudra franchir d'immenses obstacles. L'Argentine devra éliminer une Angleterre qui monte en puissance ; la France devra se défaire d'une Espagne séduisante depuis le début du tournoi.
Mais le simple fait que l'hypothèse d'un troisième duel France-Argentine en huit ans soit aujourd'hui crédible en dit long sur la domination de ces deux sélections sur le football mondial.
2018, 2022… puis peut-être 2026 ?
L'histoire n'est pas encore écrite. Mais tant que l'Argentine continue de survivre à toutes les tempêtes, personne ne pourra lui retirer son statut de candidate à sa propre succession.









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