La marche était peut-être encore un peu trop haute. Après une phase de groupes convaincante et une qualification historique pour les seizièmes de finale, la Côte d'Ivoire s'est inclinée face à la Norvège (2-1) ce mardi à Dallas. Longtemps dans le coup malgré une domination norvégienne, les Éléphants ont fini par céder à quatre minutes de la fin sur un but de l'inévitable Erling Haaland. Une élimination frustrante, qui confirme néanmoins les progrès d'une sélection ivoirienne redevenue compétitive sur la scène mondiale.
Une Côte d'Ivoire ambitieuse, mais trop souvent acculée
Le plan d'Émerse Faé semblait clair : défendre avec discipline, limiter les espaces autour de Haaland et exploiter la vitesse de Nicolas Pépé, Simon Adingra et Amad Diallo pour frapper en transition. Pendant une bonne partie du match, les Ivoiriens ont réussi à contenir les situations franches du redoutable avant-centre de Manchester City — mais cette réussite avait un prix : les Éléphants reculaient de plus en plus bas.
La Norvège installait progressivement sa domination territoriale grâce à la qualité technique de Martin Ødegaard, aux débordements d'Antonio Nusa et au travail entre les lignes d'Oscar Bobb. Cette pression permanente a fini par payer lorsque Nusa a ouvert le score juste avant la pause. L'impression générale restait pourtant que la Côte d'Ivoire demeurait vivante : sans véritablement contrôler le ballon, elle n'avait jamais totalement rompu.
Le coaching qui a tout relancé
Au retour des vestiaires, Émerse Faé a osé. L'entrée d'Amad Diallo a changé le visage offensif des Éléphants : plus mobile, plus imprévisible, le joueur de Manchester United a multiplié les différences avant de remettre les deux équipes à égalité à la 74e minute.
Pendant une dizaine de minutes, le match a basculé. La Norvège a douté. Les Ivoiriens ont avancé leur bloc, récupéré davantage de ballons et laissé entrevoir la possibilité d'un exploit.
Haaland n'a besoin que d'une occasion
C'est précisément ce qui distingue les très grandes équipes des autres. Invisible pendant une grande partie de la rencontre, Erling Haaland est resté patient. À la 86e minute, une transition parfaitement menée par Oscar Bobb puis Patrick Berg a trouvé l'attaquant norvégien dans la surface. Fidèle à sa réputation, il n'a eu besoin que d'un seul ballon exploitable pour offrir la qualification à son équipe.
Un scénario cruel pour les Éléphants, qui avaient résisté pendant plus de quatre-vingts minutes avant de céder sur la seule erreur de concentration véritablement coûteuse du dernier quart d'heure.
Ce que dit la presse
En Côte d'Ivoire : beaucoup de regrets
La presse ivoirienne souligne avant tout la frustration d'une élimination qui semblait évitable. Les observateurs saluent le parcours des Éléphants dans ce Mondial, tout en regrettant une équipe qui a trop subi pendant une heure avant de prendre réellement des initiatives. Le coaching d'Émerse Faé est largement mis en avant, mais beaucoup estiment que la réaction est arrivée trop tard.
En Norvège : un exploit historique
Côté norvégien, c'est l'euphorie. Les médias célèbrent une qualification historique pour les huitièmes de finale et saluent la maturité d'une sélection capable de souffrir avant de faire parler son immense talent offensif. Les choix de Ståle Solbakken, critiqués après la phase de groupes, sont désormais largement approuvés.
La presse internationale
Les médias internationaux retiennent surtout le symbole. Pour beaucoup, Haaland a une nouvelle fois démontré pourquoi il figure parmi les attaquants les plus décisifs de la planète : discret pendant de longues séquences, mais impitoyable dès qu'une seule opportunité se présente. Plusieurs analyses soulignent également la belle résistance ivoirienne et l'impact décisif d'Amad Diallo, qui a changé le cours du match avant que le réalisme norvégien ne fasse la différence.
L'analyse FootCorner
La Côte d'Ivoire n'a pas perdu par manque de talent. Elle a perdu parce qu'elle a accepté trop longtemps de jouer le match voulu par la Norvège. En laissant le ballon aux Scandinaves, les Éléphants ont énormément couru après le jeu, et cette dépense énergétique a pesé dans les dernières minutes, lorsque les espaces sont apparus et que Haaland a trouvé la faille.
Le coaching d'Émerse Faé a prouvé qu'en avançant le bloc de vingt mètres et en injectant davantage de vitesse, cette équipe était capable de déstabiliser la Norvège. On peut donc légitimement se demander si cette prise de risque n'aurait pas dû intervenir plus tôt.
Malgré cette élimination, la Côte d'Ivoire quitte ce Mondial avec une image renforcée. Les champions d'Afrique ont démontré leur capacité à rivaliser avec des nations européennes majeures et disposent d'une génération suffisamment talentueuse pour nourrir de nouvelles ambitions lors des prochaines grandes compétitions.
La Norvège, elle, a envoyé un message fort : même lorsqu'Ødegaard est contenu et que Haaland est discret, cette équipe possède désormais assez de ressources collectives pour gagner les grands rendez-vous. Avec un buteur aussi clinique, le Brésil est prévenu.









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