

Dix minutes pour prendre deux buts d'avance, un coup franc splendide pour éteindre la révolte adverse et un Mike Maignan infranchissable ou presque. L'AC Milan a remporté le derby face à l'Inter (3-1), samedi à San Siro, au terme d'une rencontre où les Rossoneri ont su imposer leurs intentions avant de maîtriser les réactions nerazzurre. Diego Moreira, auteur de deux passes décisives et d'un but, a incarné la réussite du plan de Ruben Amorim. Pour l'Inter, qui concède sa première défaite de la saison en Serie A, les dix premières minutes ont pesé lourd.
Amorim surprend Chivu, Moreira trouve les espaces
Les deux entraîneurs avaient modifié leurs habitudes. Amorim choisit un 4-4-1-1 avec Moreira à droite, Pulišić à gauche et Rabiot en soutien de Gonçalo Ramos. En face, Cristian Chivu abandonne son organisation à deux attaquants pour un 3-5-1-1, avec Andy Diouf derrière Marcus Thuram.
Le pari milanais fonctionne immédiatement. Moreira apporte de la largeur, prend de la vitesse sur son côté et oblige Carlos Augusto à défendre en reculant. À la quatrième minute, son centre trouve Pulišić, libre de placer sa tête. Six minutes plus tard, son corner offre le deuxième but à Rabiot. L'Inter n'a pas encore trouvé ses distances que Milan mène déjà 2-0.
Cette entame ne résume pourtant pas le projet milanais. Avec Modrić et Musah dans l'axe, Amorim cherche à conserver un équilibre derrière ses joueurs offensifs. Les Rossoneri acceptent ensuite de jouer plus bas, mais savent encore ressortir le ballon. Modrić réussit 67 passes sur 74, signe que Milan ne s'est pas contenté de subir et de dégager.
« Milan a frappé avant que l'Inter ne trouve ses repères, puis a su défendre son avance sans perdre son organisation. Moreira a créé la différence, Maignan l'a préservée. »
Un derby emballé en dix minutes, puis relancé par l'Inter
Le premier but naît donc de la capacité de Moreira à attaquer le côté droit, jusqu'à trouver Pulišić dans les six mètres.
Sur le deuxième, Rabiot surprend la défense interiste avec une reprise du gauche sur corner qui finit au fond après avoir touché le poteau.
L'Inter réagit progressivement. Les joueurs de Chivu récupèrent davantage de ballons et installent leurs attaques dans le camp adverse. Bastoni réduit l'écart à la 22e minute après une déviation d'Akanji sur corner. Maignan doit ensuite intervenir devant Çalhanoğlu, Diouf et surtout Spence, dont il repousse une tentative à bout portant.
Alors que l'égalisation devient envisageable, Moreira frappe une troisième fois. À la 43e minute, son coup franc du gauche franchit le mur et trompe Josep Martínez. Milan rejoint les vestiaires avec deux buts d'avance, au moment où l'Inter semblait retrouver prise sur la rencontre.
Milan ne subit pas, il contrôle mieux les espaces
Après la pause, la possession de l'Inter ne se traduit plus par la même menace. Le bloc milanais reste compact, Pavlović intervient dans sa surface et les Nerazzurri peinent à retrouver des situations aussi franches qu'en première période. Carlos Augusto manque une occasion sur un service de Çalhanoğlu, tandis que Maignan intervient encore devant Thuram.
Les chiffres donnent pourtant l'avantage à l'Inter : 18 tirs contre 7, 12 tentatives dans la surface, 11 corners et 1,79 xG contre 0,69. Mais le volume ne raconte pas tout. L'Inter a surtout laissé passer son temps fort avant la pause. Milan, lui, a mieux protégé ses zones dangereuses en seconde période.
À la 75e minute, un penalty initialement accordé à l'Inter est annulé après intervention de la VAR : le centre de Mkhitaryan avait touché la poitrine de Mario Gila, et non son bras. Le score ne bougera plus.
Les voix
Cristian Chivu a reconnu une mauvaise approche de son équipe, tout en soulignant que les Nerazzurri avaient montré de meilleures choses après avoir haussé leur rythme. Il a également rendu hommage à la prestation du Milan.
Du côté de Ruben Amorim, la rencontre illustre l'efficacité de ses choix de départ et la capacité de son équipe à défendre collectivement après avoir construit son avance.
Avec 21 points, Milan revient à quatre longueurs de l'Inter et signe une quatrième victoire consécutive dans le derby, toutes compétitions confondues. Au-delà du score, Amorim peut retenir une équipe capable de frapper fort, de résister à un temps faible et de contrôler sa seconde période. Chivu devra surtout corriger ces débuts de rencontre qui exposent trop rapidement son équipe.









Le débat
Moreira doit-il garder ce rôle sur le côté droit de Milan ?
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