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Mondial 2026 : miracle à Toronto ou fiasco historique, comment les Lions peuvent encore arracher les 16es

FootReporter24 juin 2026

Dakar, le 23 juin 2026

« On n'est pas mort. »

La formule de Pape Thiaw après la défaite face à la Norvège ressemble davantage à un message de cohésion qu'à une analyse froide de la situation. Pourtant, sur le plan comptable, le Sénégal respire encore.

Dans cette Coupe du monde à 48 équipes, les huit meilleurs troisièmes accèdent aux seizièmes de finale. Malgré les revers contre la France (1-3) puis la Norvège (2-3), les Lions ont conservé une porte entrouverte. Une porte étroite — très étroite — mais une porte quand même.

Pour la franchir, le Sénégal devra réaliser un exploit vendredi à Toronto face à l'Irak, tout en espérant une série de résultats favorables sur les autres pelouses. Autrement dit : les Lions n'ont plus leur destin entre leurs mains.

Radiographie d'un naufrage : pourquoi le Sénégal a perdu l'équilibre

Avant de sortir les calculatrices, une question s'impose : comment cette génération, considérée comme l'une des plus talentueuses de l'histoire du football sénégalais, a-t-elle pu se retrouver au bord de l'élimination après seulement deux journées ?

Les critiques convergent naturellement vers Pape Thiaw — non pas uniquement à cause des résultats, mais parce que plusieurs choix forts du sélectionneur sont aujourd'hui remis en question.

Le pari Koulibaly

Le premier concerne Kalidou Koulibaly. En s'appuyant sur son capitaine alors que celui-ci revenait tout juste de blessure, le staff a pris un risque important. En manque de rythme sur certaines séquences, le défenseur central est apparu en difficulté dans plusieurs situations de transition rapide, tant face aux Français qu'aux Norvégiens.

Réduire les difficultés sénégalaises au seul cas Koulibaly serait cependant une erreur. Le véritable problème est collectif.

Un bloc qui s'étire, des espaces qui s'ouvrent

Face à la France puis à la Norvège, le Sénégal a souvent donné l'impression de maîtriser certaines périodes avant de perdre progressivement le contrôle des événements. Les Lions ont produit du jeu, récupéré haut et réussi à installer leurs adversaires dans leur camp — mais sans concrétiser suffisamment leurs occasions.

Ne transformant pas ses temps forts en buts, le Sénégal s'est retrouvé à courir après le score. Puis à forcer son destin. Puis à s'exposer. À partir de ce moment-là, l'équipe s'est progressivement désorganisée :

  • Les latéraux ont pris davantage de risques.
  • Les milieux se sont projetés plus haut.
  • Les distances entre les lignes se sont allongées.
  • Le bloc s'est étiré, et chaque perte de balle est devenue une menace.

Idrissa Gana Gueye et Pape Gueye n'ont pas tant souffert dans l'organisation du jeu que dans la répétition des transitions défensives. À mesure que les matchs avançaient, les espaces à couvrir devenaient plus importants et les courses de récupération plus longues. La France a exploité ces boulevards dans le dos de la défense. La Norvège également. Dans le football moderne, les équipes disposant d'attaquants rapides vivent précisément pour ce genre de scénarios.

Des cadres offensifs en quête d'influence

Lamine Camara n'a pas encore réussi à imposer le rythme qui faisait sa force lors des précédentes compétitions. Quant à Sadio Mané, il peine pour l'instant à retrouver l'impact qui faisait de lui le principal facteur de déséquilibre des Lions lors des grands rendez-vous.

Le Sénégal possède encore du talent. Mais il ne parvient plus à transformer ce talent en maîtrise collective. Et dans une Coupe du monde, cela se paie immédiatement.

Les trois conditions pour survivre

Étape 1 : battre l'Irak

La première condition est sans appel : le Sénégal doit battre l'Irak. Tout autre résultat éliminerait définitivement les Lions. Une victoire permettrait aux hommes de Pape Thiaw de terminer à trois points et de s'installer provisoirement à la troisième place du groupe I.

Étape 2 : gagner largement

Le véritable problème s'appelle différence de buts. Après deux journées, le Sénégal affiche un bilan de -3. Dans une course où plusieurs troisièmes termineront probablement avec trois points, cet indicateur pourrait devenir décisif.

Une victoire étriquée pourrait ne servir à rien. Un succès 3-0 permettrait par exemple de revenir à une différence de buts nulle — probablement le seuil minimal pour rester dans la course. Le Sénégal n'a donc plus seulement besoin de gagner : il doit convaincre.

Étape 3 : surveiller les autres groupes

Même en battant l'Irak, le Sénégal dépendra largement des résultats des autres poules. L'objectif est de terminer devant au moins quatre autres troisièmes. Les scénarios les plus favorables : Dans le groupe B, un match nul entre la Bosnie-Herzégovine et le Qatar bloquerait le troisième à seulement deux points. Dans le groupe E, un partage des points entre l'Équateur et Curaçao limiterait les dégâts pour les Lions. Dans les groupes G et H, une contre-performance de l'Iran ou du Cap-Vert pourrait ouvrir davantage la porte aux hommes de Pape Thiaw. Les batailles au goal-average à surveiller : Écosse face au Brésil Suède face au Japon Corée du Sud face au Mexique Paraguay contre la Turquie Algérie contre l'Autriche

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