

Neuf tirs cadrés pour Naples avec 39 % de possession, quatre pour la Roma avec 61 % : tout le 3-3 du Maradona tient dans cet écart. Mené 2-0 à la 48e minute, puis 3-2 à la 83e, le groupe de Gian Piero Gasperini a fini par égaliser de la tête à la 89e, à force de déplacer le match vers la surface napolitaine. Massimiliano Allegri a été expulsé juste après ce but.
La Roma a gagné la bataille du volume, Naples celle de la qualité. Trois des quatre tirs cadrés romains ont fini au fond, tous après le triple changement de la 58e.
Naples cède le ballon et frappe par le côté droit
Allegri aligne un 4-3-3 avec Kevin De Bruyne, Scott McTominay et André-Frank Zambo Anguissa au milieu, Matteo Politano et Noa Lang sur les ailes, Rasmus Højlund en pointe. Gasperini répond avec une défense à trois (Gianluca Mancini, Evan Ndicka, Mario Hermoso) et un axe Bryan Cristante - Marten de Roon qui monopolise le ballon : à eux deux, ils jouent 160 passes, contre 123 pour le trio napolitain réuni. Mais cette circulation ne crée presque rien. Sur ses 24 tirs, la Roma en prend 10 de l’extérieur de la surface et 13 sont contrés : le rideau napolitain devant Alex Meret reste compact, et seuls quatre tirs sont cadrés.
Naples, à l’inverse, attaque vite et sur les ballons arrêtés. Les deux premiers buts naissent du même couloir droit, celui de Politano : son coup franc, mal dégagé, retombe sur Anguissa qui conclut d’un ciseau acrobatique (28e), puis son centre trouve McTominay au second poteau (48e). Gasperini l’admet : Politano « allait fort » et a mis la Roma en difficulté à plusieurs reprises. De Bruyne, lui, pèse davantage dans la récupération que dans le dernier geste : quatre tacles, deux interceptions et sept duels gagnés sur 14, mais aucune passe clé en 79 minutes. Au final, Naples a tiré moins (15 contre 24) mais mieux : 10 tirs dans la surface et 2,32 d’xG, contre 1,92 pour la Roma.
Le triple changement qui remplit la surface
À la 58e minute, Gasperini change trois joueurs d’un coup : Leonardo Balerdi remplace Hermoso, Nahuel Molina prend la place de Devyne Rensch et Santiago Castro celle de Niccolò Pisilli. La structure défensive reste à trois, mais un milieu laisse sa place à un attaquant : Castro vient s’ajouter à Matías Soulé et Donyell Malen, et la Roma aligne trois attaquants. Gasperini le reconnaît lui-même : tactiquement, la Roma a joué « un peu différemment » des matches précédents.
L’effet est immédiat. À la 69e, Soulé et Malen se renvoient le ballon à l’entrée de la surface et le premier arme du gauche. Soulé (quatre dribbles réussis sur cinq, quatre passes clés) et Malen (quatre passes clés) sont les deux joueurs qui animent l’attaque romaine. Cinq minutes plus tard, sur un corner, Castro prolonge le ballon et Balerdi, monté dans la surface, conclut de près (74e). Castro, en 32 minutes, signe une passe décisive. La Roma a trouvé la faille que sa possession stérile ne lui avait pas donnée : elle est venue des ballons aériens et des deuxièmes ballons.
« La Roma a trouvé la faille que sa possession stérile ne lui avait pas donnée : elle est venue des ballons aériens et des deuxièmes ballons. »
Centres et corners : le 3-3 se joue dans les airs
La Roma obtient 11 corners, Naples deux. Cette pression aérienne s’exerce sur une défense napolitaine remaniée : Benoît Badiashile sort sur blessure à la 52e et Sam Beukema le remplace, ce qui coûte à Allegri un changement. À la 89e, Wesley sert un centre depuis la droite et Balerdi, encore avancé dans la surface, place sa tête malgré un contact avec Beukema que Naples réclame comme faute. La VAR vérifie et valide : le contact est jugé trop léger, avis que partage l’ancien arbitre Marelli.
Les changements d’Allegri n’éteignent pas le match
Politano quitte le terrain à la 66e minute, remplacé par Giovane, et la Roma réduit l’écart trois minutes plus tard. Naples perd alors son principal appui sur le côté droit : Giovane ne réussit qu’un dribble sur trois. À la 79e, Allegri sort De Bruyne et Lang pour Stanislav Lobotka et Antonio Vergara, puis Giovanni Di Lorenzo pour Leonardo Spinazzola à la 80e : un milieu défensif pour un créateur, un latéral frais pour un autre. Le pari paie à la 83e. Pierluigi Gollini repousse une tentative de Spinazzola, Mathías Olivera récupère le ballon et sert McTominay en retrait : l’Écossais décoche une frappe croisée et rasante de 25 mètres pour le 3-2. Mais Allegri a alors épuisé ses cinq changements, et il ne peut plus rien changer quand la Roma envoie ses derniers ballons dans la surface.
Leonardo Balerdi, le défenseur devenu attaquant
Entré pour Hermoso, Balerdi n’a eu que 32 minutes, mais il a fait basculer la fin de match. Gasperini a salué son énergie extraordinaire. Averti dès la 61e minute, il continue pourtant à monter dans la surface.
- 🎯 2 buts en 3 tirs (2 cadrés)
- ⚡ 3 duels gagnés sur 5
- 🛡️ 2 tacles
Les voix
« Je suis satisfait du match, à part la première demi-heure où Naples nous a été supérieur. »
« Nous avons plus l’impression d’avoir perdu deux points. »
Allegri, de son côté, estime que Naples a laissé deux points en route et explique son expulsion ainsi :
« Le quatrième arbitre a rappelé l’arbitre, qui m’a expulsé. Je n’ai absolument rien dit. »
🏆 Au classement
La Roma reste invaincue (cinq victoires, trois nuls) et occupe la 3e place de Serie A avec 18 points et une différence de buts de +13, à un point de l’Inter et de la Lazio (19), qui ont joué un match de moins. Naples, avec trois victoires, deux nuls et trois défaites, est 9e avec 11 points. La Roma reçoit Cagliari le 27 octobre puis se rend à l’Udinese le 31. Naples joue à Monza le 28 octobre, puis à la Juventus le 1er novembre.









Le débat
Naples a-t-il mal géré son avance de deux buts face à la Roma ?
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