Le Real Madrid a battu Sevilla 4-1 au Santiago-Bernabéu sans jamais avoir à courir après le score. Privé de Vinícius, suspendu après son carton rouge contre Villarreal, José Mourinho a bâti sa soirée sur un 4-2-3-1 qui fait circuler le ballon vers les couloirs, et sur un Yan Diomande qui a trouvé sa place à gauche. Le plan a produit quatre buts, dont trois ont un lien direct avec lui.
Un 4-2-3-1 qui garde le ballon et l’envoie sur les ailes
Les deux équipes s’alignent dans le même système. Côté madrilène, Federico Valverde évolue latéral droit, Arda Güler s’installe derrière Kylian Mbappé, Diomande occupe l’aile gauche et Endrick la droite, devant le duo Jude Bellingham-Aurélien Tchouaméni. Mourinho a résumé l’idée après le match : faire arriver le ballon très souvent à ses joueurs de couloir.
Les chiffres montrent ce que cela donne. Madrid garde 65 % de possession et réussit 604 de ses 666 passes, quand Sevilla n’en réussit que 279 sur 348. Dean Huijsen, avec 90 passes réussies sur 93, assure la sortie de balle depuis l’axe. En face, les visiteurs passent leur soirée à défendre : Gabriel Suazo réalise 5 tacles, Lucien Agoumé 4 tacles et 3 interceptions. Robert Ure, seul en pointe, ne distribue que 3 passes en 56 minutes.
Diomande, le point d’appui du côté gauche
La première réalisation illustre le mécanisme. À la 30e minute, Diomande remet le ballon aux abords de la surface pour Güler, qui frappe du premier temps du pied gauche, en rotation, vers le coin opposé. Le milieu offensif, posté derrière Mbappé, se retrouve à la conclusion d’une séquence construite par le couloir gauche.
Le scénario se répète en seconde période. À la 63e minute, c’est une pénétration de Diomande dans la surface qui crée le penalty. Mbappé le transforme en panenka. À la 82e, Tchouaméni sert Diomande, qui dribble et arme une frappe puissante. Ses chiffres du soir confirment son poids : 4 tirs, 5 dribbles tentés dont 3 réussis, 5 duels gagnés sur 12, et la note la plus haute de la rencontre (9,0). En face, le latéral droit sévillan Juan Iglesias gagne 6 duels sur 10 mais écope d’un avertissement à la 69e, quitte le terrain à la 72e et affiche la note la plus basse du match (4,84).
Tchouaméni et Bellingham tiennent l’axe
La liberté de Güler et de Mbappé repose sur le travail des deux hommes de derrière. Tchouaméni fait écran avec 4 tacles et 2 interceptions, puis relance (69 passes). Bellingham, lui, remporte 7 duels sur 12 et sert Mbappé sur le 2-0 à la 37e. L’attaquant pivote entre deux défenseurs dans la surface avant de conclure : l’action naît d’une combinaison avec le milieu anglais, dans l’axe, pas d’une longue transition.
Mbappé touche peu le ballon (32 passes, 25 réussies) mais reste très efficace : 5 tirs dont 3 cadrés, 2 buts, 4 dribbles réussis sur 5. Madrid cadre 8 tirs contre 5 pour Sevilla et affiche 2,28 de buts attendus contre 0,81. Le match, au fond, se joue sur la qualité des occasions plus que sur leur nombre.
Les changements de Sevilla arrivent trop tard
Mené 2-0, Luis García Plaza fait entrer Chidera Ejuke à la place de Rubén Vargas à la pause. Ejuke gagne 5 de ses 8 duels et réussit 3 dribbles en 44 minutes, mais Sevilla encaisse un troisième but à la 63e, sur penalty. À la 56e, un double changement envoie Lucas Stassin et Manu Bueno remplacer Ure et Peque Fernández. Ce n’est qu’à la 80e que les entrants se trouvent : Stassin, auteur de 2 passes clés, sert Bueno, qui bat Thibaut Courtois d’un tir au sol après une perte de balle de Mbappé.
Entre-temps, Sevilla a encore changé à la 72e et à la 73e, en retirant Iglesias, déjà averti, au profit de José Ángel Carmona, puis Félix Correia au profit d’Alfonso González. La réponse madrilène tient en deux minutes : à la 82e, Tchouaméni lance Diomande et le 4-1 referme la porte.
Mourinho renouvelle son milieu, puis son côté droit
Mourinho, de son côté, change à la 69e et à la 70e minute : Brahim Díaz entre pour Endrick, Bernardo Silva pour Bellingham. Bernardo Silva touche 22 ballons en 20 minutes : Madrid continue de garder la balle. À la 78e, Eduardo Camavinga remplace Güler. À la 85e, Carlos Espí remplace Mbappé et Éder Militão prend la place de Valverde, ce qui replace un défenseur de formation sur le côté droit pour les dernières minutes.
🎯 Le joueur clé : Yan Diomande
Positionné à l’aile gauche du 4-2-3-1, Diomande combine dribbles et repli : il redescend intercepter et sert de relais dans la sortie de balle en seconde période. C’est lui qui offre le 1-0, qui lance l’action du penalty et qui marque le 4-1.
- 🎯 1 but et 1 passe décisive
- ⚡ 5 dribbles tentés, 3 réussis
- 🛡️ 2 tacles, 1 interception et 5 duels gagnés sur 12
- ⭐ Note de 9,0, la meilleure du match
📊 Les chiffres du match
- ⚽ Possession : Real Madrid 65 % - Sevilla 35 %
- 🎯 Tirs : 15 dont 8 cadrés pour Madrid, 11 dont 5 cadrés pour Sevilla
- 📈 Buts attendus : 2,28 contre 0,81
- 🔁 Passes réussies : 604 contre 279
- 🟨 Fautes : 9 pour Madrid, 14 pour Sevilla
Le contraste entre les 666 passes madrilènes et les 348 sévillanes résume le rapport de force : Madrid a dicté le tempo.
Les voix : « Je n’ai rien vu »
Mourinho a fait l’éloge de Valverde, qu’il qualifie de « latéral droit avec de la profondeur, avec des jambes pour arriver ». Il ajoute que son capitaine est l’un des joueurs les plus polyvalents du football actuel. À propos de Diomande, le technicien portugais tempère : « Il est jeune, encore naïf, un produit pas fini. Il doit encore progresser dans la finition. Mais cela viendra. »
Sevilla réclamait une sanction contre Güler après un geste sur Peque Fernández. Mourinho a répondu : « Grand match du Real Madrid, grande victoire, et je n’ai rien vu, absolument rien. » Il a aussi dit n’avoir pas pensé au Clásico une minute aujourd’hui, et a annoncé que Vinícius serait titulaire mercredi en Ligue des champions.
🏆 Au classement et la suite
Avec 21 points en 9 journées (7 victoires, 2 défaites, différence de buts de +14), le Real Madrid reste troisième de Liga. Il compte six points de retard sur le leader Barcelone (27 points) et un seul sur l’Atlético de Madrid (22 points). Sevilla reste sixième avec 14 points (4 victoires, 2 nuls, 3 défaites). Madrid reçoit RB Leipzig le 21 octobre en Ligue des champions, puis se rend au Barça le 25 pour le Clásico. Sevilla accueille Osasuna le 26.









Le débat
Mourinho a-t-il eu raison de replacer Valverde latéral droit ?
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